Alcion Environnement

  FRANCE

Web: www.alcion-env.com

Contact: contact@alcion-env.com

Localisation: Bordeaux, France

Secteur: Fin de Vie

Date de création: 2001

Date de rencontre: Mars 2018

Maturité du projet: pérenne

Valorisation des polluants atmosphériques.

Aperçu

Alcion environnement est une entreprise de conseil en environnement créée en 2001 par Jean-Philippe RICARD, ingénieur chimiste, et Maxime RICARD, ingénieur ENSAM Bordeaux. En 2009, ils se spécialisent dans la gestion des émissions atmosphériques suite au développement de procédés techniques de valorisation du NH3 et du CO2 : VALEAz et VALECARB.

Ainsi, la société accompagne les industriels et les collectivités locales dans la valorisation de leurs produits chimiques. Suite à de nombreux essais dans des caves viticoles bordelaises et des mises au point industrielles, les premières installations sont implantées au Château Smith Haut Lafitte en 2013.

Depuis 2016, Alcion environnement a intégré la filiale SEDE Environnement du groupe Véolia.

  • Ecologie industrielle et territoriale
  • Recyclage

fonctionnement du projet

Alcion environnement propose les services et produits suivants :

1) Diagnostic du site et des procédés : étude du site industriel et des productions de polluants organiques et/ou minéraux,

2) Installation des procédés de valorisation : mise en place des systèmes de valorisation des polluants sur le site industriel et exploitation pour le compte du client,

3) Commercialisation des composés en aval : revente des produits valorisés sur de nouveaux marchés pour le compte du client,

4) Gestion financière et réglementaire des procédés et produits.

Le système VALECARB permet de transformer et de valoriser le CO2 issu de la fermentation viticole et de la production de biogaz (digestion). Le CO2 est neutralisé par du carbonate de soude sous forme de bicarbonates de sodium NaHCO3 et de potassium KHCO3.

1000kg CO2 → 3700kg NaHCO3 + 4500kg KHCO3

Les bicarbonates de sodium NaHCO3 et de potassium KHCO3 peuvent ensuite être utilisés dans de nombreuses industries. Le bicarbonate de soude humide intéresse les producteurs de spiruline, une algue utilisée comme complément alimentaire. Le bicarbonate de soude sec sert, quant à lui, au traitement des fumées d’incinération, mais peut aussi être utilisé comme bicarbonate alimentaire ou dans les produits cosmétiques, agroalimentaires et pharmaceutiques.

Le système VALEAz permet de traiter l’ammoniac NH3, issu du traitement des boues, des industries chimiques et agroalimentaires, du compostage et de la méthanisation.

Par des procédés de stripping¹ et de distillation², l’ammoniac complété d’acide sulfurique ou d’acide nitrique est transformé en nitrate de sodium NaNO3 et en solution à 20% d’ammoniac NH3 avec un rendement global de 90%.

Par la suite, le nitrate de sodium NaNO3 et l’ammoniac en solution NH3 servent à traiter respectivement le sulfure d’hydrogène H2S issu des réseaux d’eaux usées et les fumées industrielles. De plus, ils sont utilisés pour la fabrication d’engrais et d’autres produits de l’industrie chimique.

Depuis 2013, un réseau de captation du CO2 fermentaire est placé sur chaque cuve. En moyenne, pour un hectolitre de vin produit, 10 kg de CO2 sont rejetés dans les cuves de vinification. Le CO2 est comprimé dans deux réacteurs et mélangé avec une solution de carbonate de sodium. Il est transformé en bicarbonate de soude en suspension puis filtré pour obtenir une poudre humide de bicarbonate de soude. Ainsi 10 kg de CO2 permet la production de 36 kg de bicarbonate de sodium. Un processus de séchage de cette poudre dans des tambours rotatifs permet d’obtenir du bicarbonate sec.

La production actuelle de bicarbonate de soude est d’environ 8 tonnes par an et devrait atteindre environ 20 tonnes dans quelques années.

Actuellement, une partie du bicarbonate de soude produit est utilisée pour la fabrication de cosmétiques dans l’hôtel du château, Les Sources de Caudalie. Tandis que la majorité est vendue à des industries chimiques françaises.

Le coût total de la conception, du développement et de l’installation des prototypes, est d’environ 100 000 €. En termes de rentabilité, il faudrait attendre 12 à 15 ans, lorsque les objectifs de production et de vente seront pleinement atteints (selon le directeur technique de la succession, Fabien Teitgen). D’après le CIVB, le retour sur investissement se situe plutôt entre 3 et 5 ans pour les investissements à partir de 80 000 euros.

approche de développement durable

Réduction de l’empreinte carbone des entreprises. Alors que les activités vitivinicoles sont source de CO2, ce système est un véritable puit de carbone qui capte les rejets de CO2 fermentaire (gaz à effet de serre) des chais viticoles et permet aux viticulteurs d’utiliser localement le bicarbonate de soude produit, notamment pour le traitement de la vigne (absence de transport dû à l’achat de produits de traitement). D’après la feuille de route du Plan Climat 2020 du CIVB, ce système permettrait de réduire la production de CO2 de 10 kg de CO2 par hectolitre de vin produit.

  • Baisse des coûts d’approvisionnement lorsque les produits valorisés peuvent être utilisés localement par l’entreprise,
  • Retour sur investissement entre 3 et 5 ans pour les investissements à partir de 80 000 euros.

Limite les risques de malaises et d’intoxication des agents travaillant dans les chais vinicoles. D’après la feuille de route du Plan Climat 2020 du CIVB, ce procédé permettrait aux opérateurs de respirer 5m3 de CO2 en moins par hectolitre de vin produit.

Reproductibilité & perspectives d'évolution

Reproductibilité limitée à une zone géographique plus large que la France du fait du brevet Alcion environnement sur le procédé. Cependant, le développement des installations aux échelles régionale et nationale est en croissance, car de nouvelles entreprises souhaitent installer ce système ayant montré ses preuves. D’autant plus qu’à travers le plan climat 2020 de la filière des vins de Bordeaux, le CIVB³ incite les viticulteurs à mettre en place ce procédé permettant de réduire les émissions de CO2.

  • Bien que ce système remplace d’autres formes de production de bicarbonate à partir de déchets atmosphériques, il ne s’agit pas d’une solution  de «capture du carbone» à long terme car le CO2 est ensuite libéré à mesure que le bicarbonate est utilisé,
  • Approvisionnement non issu de filières durables : achat des carbonates de sodium et potassium et synthèse des acides sulfuriques et nitriques. Cependant, un projet de recyclage d’acide sulfurique et nitrique est actuellement en cours.

Lexique

  • Stripping¹ = procédé d’extraction des composés volatils par entraînement à l’aide d’un gaz
  • Distillation²  = procédé de séparation de mélange de liquides dont les températures d’ébullition sont différentes
  • CIVB³ = Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux

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